dimanche 15 mars 2020

La Génération de la Ronde: une proposition d'une littérature humano-haïtienne

La littérature haïtienne et certaines facettes de la vie politique se sont toujours imbriquées à tous les stades de l'histoire d'Haïti qui, elle, constitue un matériau riche d'inspiration pour la création littéraire, avec son épopée, ses insurrections, ses cruautés et ses rites. En 1915 l'occupation américaine est un électrochoc qui plonge le pays dans une instabilité politique chronique. Ainsi les écrivains de cette époque créent successivement des revues littéraires militantes dont la revue de La Ronde qui s'ouvre avec le 20ème siècle.

La génération de la ronde est une revue littéraire haïtienne fondée par Pétion Gérôme et Dantès Bellegarde. Elle s'établie sur une période allant de 1898 jusqu'en 1915. Elle est marquée par un grand mal être. Les écrivains de cette génération dénoncent l'obscurantisme du pouvoir, l'abîme et la situation chaotique de la réalité haïtienne humiliée et opprimée par les grandes puissances de l'époque. Cette période est divisé par deux tendances: Une tendance éclectique d'où les poètes et une tendance nationale les romanciers.

Les poètes de la génération de la ronde imitent surtout les romantiques, les parnassiens et les symbolistes français du 19ème siècle. Ils traitent des thèmes universels: la mort, la tristesse, l'amour et le temps. Pour eux, la poésie ne se réduit pas seulement à une portée individuelle mais le poète chante le malheur de la condition humaine victime de l'amour, la mort et de la société. Cette tendance éclectique consiste donc à prendre dans divers systèmes, de divers modèles ce qui paraît juste, vrai, ce qu'ils ont de meilleur pour constituer les leur. Georges Sylvain, avec son recueil " Confidences et Mélancolies", est l'une des figures de cette tendance. Ce receuil décèle une profonde tristesse, toute l'âme sensible de ce porte-flambeau de la résistance à l'occupation américaine de 1915.

Pour les romanciers, c'est tout autre chose :  ils veulent une littérature souchée dans le réel. Les romans ont une portée à la fois satirique et réaliste. Ils attirent l'attention sur nos tares, nos vices et nos penchants. Les romanciers de cette tendance comme Etzer Vilaire et Frédéric Marcelin sont de véritables miroirs fidèles des faits sociaux et politiques qui caractérisent notre mentalité de peuple. Frédéric Marcelin est un révolté ainsi dans ses romans. Il dénonce l'hypocrisie de la bourgeoisie âpre au gain,  l'ingratitude des gens de la masse qui parviennent à gravir quelques échelles et qui rejettent leur origine sociale.

En effet, la génération de la Ronde refuse la poésie trop militante de leurs prédécesseurs et propose de diffuser une littérature humano-haitienne qui puisse plaire à la fois aux nationaux et aux francophones.

Auteur: Xaviera Raphaëlla Elie.



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