lundi 16 mars 2020

La Négritude : la négation de la négation de l'homme noir

Insulté, asservi, le Noir se redresse, il ramasse le mot "Nègre" qu’on lui a jeté au front comme une pierre et en fait un mouvement, la Négritude. Le terme Négritude désigne l'ensemble des caractéristiques et valeurs culturelle. des peuples de l'ethnie ébène, revendiquées comme leur étant propres et l'appropriation des meurtrissures infligée par et au cours de l'Histoire.

Le mot-concept « Négritude » apparait pour la première fois  sous la plume d'Aimé Césaire, un écrivain français d'origines martiniquais, dans les pages d'une revue estudiantine (L’Etudiant noir) publiée dans le quartier latin par une poignée d’étudiants antillais et africains exilés à Paris, dans la période de l’entre-deux-guerres.

Le terme « Négritude » désigne l'ensemble des caractéristiques et valeurs culturelles propres à la communauté noire. Pour le père de la Négritude, Aimé Césaire, celle-ci est la simple reconnaissance du fait d'être Noir et l'acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire et de notre culture. Ainsi, il s'agirait d'un dépouillement des mœurs de l'occident.

Durant la période de 1930, Senghor raconta que les étudiants Noirs sombraient dans un désespoir panique. L’horizon était embué. Nulle réforme en perspective, et les colonisateurs légitimaient leur dépendance politique et économique par la théorie de la table rase. Pour asseoir une révolution efficace, il leur faut donc d’abord se débarrasser de leurs vêtements d’emprunt, ceux de l’assimilation, et affirmer leur être. C'est ainsi que naquit le mouvement de la Négritude en 1936.

Outre Aimé Césaire, cette secte littéraire et politique comprend des figures emblématiques du 20ème siècle dont : Léopold Sédar Senghor, Léon Gontran Damas, Guy Tirolien, Birago Diop, René Depestre, Jean Paul Sarte. Les tenants de la Négritude tâcheront de promouvoir la culture nègre, l'endurance de la peau d'ébène, de manière à porter les descendants de l'Afrique Noire à ne point rougir de leurs origines.

Des écrivains noirs de peau ou créoles seront cependant pas leurs alliés. Ils leur  critiqueront le concept autant que le mouvement et leurs justes revendications, jugés trop réducteurs. Wole Soyinka a par exemple dit : « le tigre ne proclame pas sa tigritide Il bondit sur sa proie et la dévore. » Les propos de celui-ci feront beaucoup de bruit, c'est pour cela dans les années 60 Aimé Césaire estimera que le mot « Négritude » risque de devenir « une notion de division » lorsqu'il n'est pas remis dans son contexte historique des années 30 et 40.

Auteur:Marco Saintima

4 commentaires:

  1. Toujours aussi passionné de l'histoire de l'Afrique noir,...et de l'homme noir

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  2. J'ai plus de mots mec, courage!
    Je te souhaite du bonheur et du succès!

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  3. C'est bien ton texte. C'était un mouvement qui cherchait à rendre la dignité aux noirs, après tant d'années de frustration psychologique, culturelle et politique. Bon travail merci pour tes recherches

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  4. Il est bien de se valoriser étant noir
    toutefois je me demande encore qui sont les noirs?

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